Bunker de Frédéric Héritier chez S. W.

L’art-thérapie, ou plutôt « le bien-être par la présence de la création artistique contemporaine »

Cet accrochage n’est pas réfléchi, au sens où les œuvres ne dialoguent pas forcément entre elles. Dans ce cadre précis, les œuvres empruntées à l’artothèque Grand Est/plus vite sont plutôt le reflet d’une sélection faite dans un rapport à « l’immédiat ».
J’ai d’abord emprunté des œuvres d’Éric Tabuchi pour la bonne (?) et simple raison que j’apprécie énormément le travail de récolte photographique, de collecte de paysages (naturels ou architecturaux) que l’artiste indexe, année après année dans l’ARN - Atlas des Régions Naturelles, en collaboration avec Nelly Monnier.
J’avais d’ailleurs hésité à aussi emprunter une estampe de cette artiste contemporaine… mais ce sera probablement pour une prochaine fois !
Ce sera pour une prochaine fois, parce que je suis tombé « nez-à-nez » avec la photographie Bunker de Frédéric Héritier.
Si j’apprécie le travail photographique d’Éric Tabuchi, c’est pour un nombre - à lister à l’occasion - de raisons presque « intimes ». Si je n’ai aucunement la prétention de me comparer à lui, son travail ressemble néanmoins en tous points à celui que je peux faire - occasionnellement, quand je prends des photos avec mon smartphone. Ses innombrables obsessions sont semblables aux miennes, et - vraisemblablement - pour moult raisons communes (ou pas).
Par contre, si la photographie de Frédéric Héritier m’a tapé dans l’œil, c’est tout simplement parce j’ai beaucoup de souvenirs associés à ce Bunker. Si le sujet photographié ramène à l’époque de l’enfance (de par la présence des quatre adolescent·e·s à vélo), il me ramène singulièrement à la mienne, passée - de nombreux étés successifs - à explorer ce même blockhaus, à Courseulles-sur-Mer (Normandie).
Sans pénétrer plus encore dans les détails de mes souvenirs ou de mon intimité, mon premier emprunt à l’artothèque Grand Est/plus vite est comme un accrochage de « fenêtres » ouvertes sur moi-même… Ces quatre estampes (composées de bien plus de photographies encore, cf. Alphabet Truck d’Éric Tabuchi) m’offrent comme un regard sur mon passé, sur ce qui m’a constitué et m’interpelle toujours. Plus encore, il est comme un cliché, un clin d’œil à la lettre de motivation que j’ai envoyée alors que je répondais à l’offre d’emploi pour le poste de Chargé de projets culturels et de médiation pour l’association plus vite. C’était il y a maintenant un an. J’y citais Nelly Monnier et Éric Tabuchi et parlais « itinéraires, rencontres, dispositif d’exposition mobile… art contemporain et ruralité ».
Cet accrochage me fait un bien fou. Il m’apaise (s’il était nécessaire de le faire). Alors qu’il environne mon espace de télétravail - à la maison, il transforme cet espace (encore en chantier) en un écrin artistique. Il est là, tous les jours, présent, bienveillant et me permet - quand je lève les yeux vers lui - de me vider la tête, de purger mon esprit, afin d’organiser au mieux le chemin de ma pensée.
En cela, la présence de l’art au quotidien joue un de ses rôles qu’on oublie trop souvent : il est comme un médicament, un remède à la vie et à ses difficultés, infimes ou a priori insurmontables. La présence de la création contemporaine dans le quotidien de chacun·e offre comme une bouffée d’air frais nécessaire, là où chaque jour nous pousserait à perdre la raison !?